Sindh: trop... tout simplement trop

Mathieu Tallon, Samedi, 28 Août 2010 14:53

Une petite fille est au milieu d’une cour boueuse. Elle pleure et personne ne semble la réconforter. Son village a été complètement inondé et il est encore sous eau. Depuis 15 jours, elle et sa famille ont trouvé refuge ici, un simple bâtiment scolaire sans aucun équipement. Il n'y a pas d'eau potable disponible ni latrine. Les autorités donnent chaque jour 40 petits bols de riz aux 140 hommes, femmes et enfants qui sont ici. La nourriture est mal conservée et presque tous les enfants présentent des symptômes de diarrhée et de maladies de la peau. Les buffles, les moutons et les chèvres qui ont pu être sauvées vivent au milieu des gens. Il y a des excréments partout. Les conditions de vie dans ce camp ont déjà coûté la vie à 3 enfants.

 

A plusieurs centaines de kilomètres affluent 5 rivières importantes de l’Indus. Cela fait de cette zone un énorme entonnoir qui ne peut absorber toute l’eau. A cause du vaste réseau de canaux ce n’est pas seulement la proximité immédiate de la rivière qui est inondée mais également des zones à plus de 30km de la rivière.
 Il ya tant de réfugiés qu'il n'a tout simplement pas assez d'espace dans les camps. Beaucoup de personnes dorment sur le côté de la route, ils n'ont pas de tentes. Les enfants ont des brûlures intenses à cause du soleil. Il fait 45 degrés. Après plusieurs kilomètres nous voyons de petits bateaux échoués le long d'une route. Ces personnes ont passé deux semaines au sommet d'une colline qui aujourd'hui n'est rien de plus qu’une île dans un immense lac. Ils vont être évacués, car il était prévu que l'eau continue de monter. Pour eux, commence aujourd'hui la vie difficile de réfugié.

L'auteur

Mathieu TallonNom: Mathieu Tallon
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